Jeudi 10 septembre 2020

Installée depuis la rentrée sur le campus de Rouen, l’entreprise Les Cocottes Urbaines bénéficie d’un partenariat avec UniLaSalle qui met ses locaux à disposition en échange d’heures d’enseignement et de projets menés avec les étudiants, comme par exemple l’aggradation environnementale du Campus…

Dans leurs bureaux fraîchement aménagés au rez-de-chaussée du campus, Céline Mayer, Yannick Ferry et toute l’équipe de l’atelier des Cocottes Urbaines reçoivent les visiteurs au milieu des dossiers et d’un mobilier design : « A la base nous sommes un bureau d’étude d’urbanisme et de paysage– l’Atelier Lignes – qui travaille depuis 9 ans avec les Villes autour de projet d’aménagements urbains durables », explique Yannick, Paysagiste - urbaniste et co-fondateur des Cocottes Urbaines. Convaincus de la nécessité d’intégrer une approche holistique à leurs métiers, ils décident de créer Les Cocottes Urbaines, une entreprise qui rassemble architectes, urbanistes, paysagistes… et permaculteurs !

« Les champs de contraintes sont pour nous des champs de création ».

Car pour parfaire leur formation, les deux associés se sont formés auprès de Charles et Perrine Hervé-Gruyer, fondateurs de la ferme du Bec Hellouin. En effet, si leur cursus initial leur a permis d’acquérir de larges compétences, la création des Cocottes Urbaines leur a fait prendre conscience qu’il leur manquait parfois des éléments : « Le métier d’urbaniste est passionnant car il est transversal. Il englobe à la fois les infrastructures, la culture, les modes de vies, la nature, les flux de déplacements, la sociologie… Mais c’est un métier qui a peu perdu de son  approche transversale. Grâce, entre-autres,  à la permaculture en ce qu’elle a de systémique, nous avons retrouvé ce qui manquait à notre approche d’urbaniste », poursuit Yannick. Céline acquiesce. Pour cette architecte-sociologue de formation, la permaculture a beaucoup apporté notamment sur la question de la gestion des ressources : « Aujourd’hui nous sommes vraiment favorables aux filières courtes, notamment en ce qui concerne notre approvisionnement en matériaux, ou végétaux… On s’interroge aussi : « Y a-t-il vraiment besoin de bordures, de limites   sur tel ou tel espace ? Est-ce qu’on ne peut pas faire plus simple ? Comment peut-on faire mieux avec moins ?, jusqu'à la place que nous pouvons laisser à la nature sanctuarisée, favorisée par le « non agir » Tout cela représente ordinairement des champs de contraintes, mais qui pour nous deviennent des champs de création ! ». Pour l’atelier des Cocottes « le monde est à réinventer » de façon collective dans les grandes actions et les petits pas ; dans une transition et un avenir augmentés, de convivialité et de résilience.

Une année riche en projets… aussi avec les étudiants !

Leur enthousiasme, les Cocottes Urbaines entendent bien le partager avec l’ensemble de la communauté étudiante. Car si la structure a établi ses locaux pour deux ans sur le campus de Rouen, ses salariés doivent en contrepartie dispenser des cours et aider les étudiants à mener des projets en lien avec leur formation : « Lorsque nous avons proposé notre projet à la Direction, Marie Lummerzheim s’est montrée très enthousiaste. Elle a employé une expression, pour parler de cet échange : le « win-win». C’est exactement cela ! ». Création de potagers, gestion de l’eau, apiculture… À terme ce partenariat débouchera sur la création d’un campus comestible dont l’autonomie en énergie sera optimisée. Le dernier WIN, ajouté récemment, et, selon nous le plus important, c’est celui de la biodiversité qui sera installée sur le Campus au terme de cette expérience innovante. L’objectif est, en tant que sociétés et université, de limiter notre impact et surtout d’aggrader le site en lui apportant  soins et services écosystémiques de façon durable.  

En plus de cet accompagnement, les Cocottes pourraient être inspirantes pour les étudiants. Car si l’enseignement est un nouveau défi excitant, leur activité première est la réponse aux appels à projets durables. Ainsi, l’équipe participe déjà à de nombreux projets d’agriculture urbaine, de sanctuarisation d’espaces naturels, de plan de gestion à l’échelle de communes, ainsi qu’à un important projet en éco-agriculture urbaine à Champhol près de Chartres.Ce dernier inclut la présence d’un agriculteur pour l’approvisionnement en produits locaux, de l’hypo mobilité hippomobilité, de l’apiculture et de l’entretien du paysage du future futur quartier… et conforte les ambitions durables de Céline et Yannick notamment auprès des institutions : « Les Cocottes Urbaines, sont nées d’une envie d’aller beaucoup plus loin sur les questions de la résilience, de la ville vivrière et de la ville nature… et ça fonctionne ! Car on se rend compte aujourd’hui que cette approche est entendue et plébiscité ! ».

Pour aller plus loin :  https://lescocottesurbaines.fr/